« L’alimentation est évidemment un enjeu politique » 2/2

Directrice d’entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire, qui a fait d’ailleurs déjà fait l’objet d’un article ici, Clémence Ducastel a évidemment un œil tourné vers la politique, régissant en partie ses activités. « L’alimentation est un grand enjeu politique. Nous mangeons trois repas par jour, et par personne. C’est important pour l’économie, pour la santé ! », affirme-t-elle. Un sujet qui s’illustre également en tant qu’enjeu climatique principal, puisque l’industrie alimentaire est responsable de 47 % des émissions de gaz à effets de serre selon une étude du GIEC.

Crédits Yeelen Ravier
Crédits Yeelen Ravier

Mais, politiques nationales comme régionales ne semblent pas faire de ce sujet un défi primordial. À la tête de la Région Auvergne-Rhône-Alpes depuis début janvier 2016 par exemple, Laurent Wauquiez s’est grandement éloigné de ces préoccupations, supprimant 30 % des subventions allouées aux productions paysannes et biologiques du territoire, d’après le site de la Région. À la place, trois millions d’euros seront attribués aux chasseurs et pêcheurs en faveur de  »la protection de la nature et l’éducation à l’environnement ». Un coup de massue amplifié par la réduction des fonds publics de la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature et de l’Agriculture) à 50 % en début d’année. Des décisions regrettables pour Clémence Ducastel, qui déplore un cruel manque de logique. « Je ne suis pas du tout fan de sa politique, ce n’est franchement pas terrible. Évidemment, en tant que responsable d’une ruche, je préfère privilégier les petits producteurs locaux. Mais en tant que citoyenne militante sur le biologique, je sais que la production locale n’est pas viable à grande échelle pour des questions purement logistiques. Ce serait trop compliqué ! L’idéal, et ce pourquoi je milite, serait une agriculture industrielle mais biologique, et la plus locale possible », explique-t-elle. Des exploitations fonctionnant sans ajouts chimiques, pesticides ou insecticides, et répondant à une certaine logique de la biodiversité. « La nature nous montre comment ça marche, et c’est à nous de nous adapter. Par exemple, si vous cultivez du blé sur des hectares et qu’un seul grain de blé se retrouve touché par une bactérie, il va contaminer tous les autres et la récolte sera fichue. Dans les fermes paysannes, les cultures sont disposées sur plusieurs parcelles, avec plusieurs catégories de blé. Il faut que les industriels comprennent réellement comment fonctionne la biodiversité », martèle la trentenaire lyonnaise.

D’après ce sondage, 70 % des interrogés ne croient plus en l’action politique. En l’occurrence, sur le sujet écologique, peu nombreux sont les responsables qui prônent une transition vers le développement durable. Pour Clémence Ducastel, les solutions viendront directement des actions citoyennes, se sentant « désabusée ». En effet, depuis quelques années déjà, des mouvements citoyens en tous genres ont émergé, mettant en lumière des initiatives éco-responsables. Le documentaire  »Demain », récompensé d’un César en février, en est d’ailleurs le parfait exemple. « Le problème, c’est que les politiques sont déconnectés et servent souvent leurs intérêts en premiers. Ils sont tellement changeants, de mandat en mandat, qu’on ne peut pas avoir une vraie stratégie fixe sur le long terme », éclaire-t-elle.

Crédits Yeelen Ravier
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Les premiers représentants politiques de l’écologie en France, Europe Écologie Les Verts, ont bien souvent déçu les militants, notamment à cause de leurs manœuvres personnelles. Les placements au Gouvernement de Jean-Vincent Placé et Cécile Duflot y ont contribué. « Je ne me suis personnellement jamais reconnue dans aucun d’eux. Ils ne correspondent pas à la nouvelle génération qui se dessine, connectée, progressiste et qui veut vivre mieux. Je pense qu’ils sont vraiment à côté de la plaque. Je pense que c’est la société civile qui guidera les politiques. Et c’est de notre responsabilité ! Si chacun de nous fait sa part, cela finira par payer », conclue-t-elle.

Yeelen Ravier

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