Double meeting 2.0 pour Mélenchon

« Où suis-je ? Je suis à Lyon… et maintenant à Paris ». En l’espace de quelques secondes, le temps d’un claquement de doigt, le candidat de la France insoumise présent à Lyon, se retrouve sur la scène parisienne d’Aubervilliers. On croit voir double, une illusion parfaite qu’il doit à un dispositif holographique encore inédit dans ce cas de figure. Plus de 18 000 militants étaient présents dans les deux villes pour assister à ce meeting atypique.

À Lyon, aux environs de 13h50 la salle d’Eurexpo est déjà noire de monde, un afflux massif qui n’a semble t-il pas été envisagé par les organisateurs. La grande partie des militants restée à l’extérieur, faute de place, a néanmoins pu assister à l’ensemble du discours sur l’écran géant mis en place hors du bâtiment.

À 10 minutes de son discours, Jean-Luc Mélenchon a tenu à s’exprimer devant cette foule qui l’acclame devant la salle. « Je vous remercie d’être venus aussi nombreux et je m’excuse de ne pas pouvoir tous vous accueillir à l’intérieur. »

Le temps de quelques mots et quelques chaleureuses accolades, le candidat entre en scène. Les drapeaux tricolores en main les militants scandent « résistance, résistance ! » à l’intérieur comme à l’extérieur de la salle.

Une fois sur l’estrade, aux environs de 14h30, le candidat débute son meeting sous l’éclairage bleuâtre du dispositif holographique. Une fois son clone à Paris, le candidat avoue avoir été régulièrement raillé par « des politiques qui trouvaient que ce dispositif faisait trop show-biz. »

C’est justement autour de cette question d’hologramme que les les discussions étaient orientées les jours précédents. Comment fonctionne ce dispositif ? Comment a-t-il été mis en place ? Jean-François Loubet, responsable en charge de la production vidéo de la société Videleo Events.

 

Un discours aux multiples facettes

En dehors de ce dispositif 2.0 inédit on retiendra également son discours d’ 1h30 au cours duquel, il explique longuement tous les points forts de son programme. En s’attardant sur des points tels que l’éducation, la culture et surtout le numérique.

C’est un Mélenchon sûr de lui et impulsif, comme à son habitude, qui s’est présenté sur l’estrade.

Provocateur, il n’a pas hésité à envoyer quelques piques à ses concurrents. Il s’est d’abord attaqué au programme éducatif de Marine Le Pen, en meeting à Lyon le même jour : « contrairement à ce que pense Madame Le Pen, nous devons sortir de l’illettrisme quelque soit l’origine, la couleur ou la religion. »

C’est ensuite, aux insuffisances du programme culturel d’Emmanuel Macron en meeting la veille à Lyon que le candidat s’est attaqué : « dites à Monsieur Macron qu’avant de distribuer des chèques pour consommer de la culture, il faut la créer. »

L’attraction du candidat pour le numérique n’est pas passée inaperçue. Depuis la fin de l’été 2016, il alimente régulièrement une chaîne YouTube, qui compte aujourd’hui plus de 202 000 abonnés, faisant de lui l’homme politique le plus populaire de la plateforme devant Marine Le Pen (2 000 abonnés) ou même Hillary Clinton (133 269 abonnés). D’ailleurs il semblerait que YouTube l’affecte même dans ses discours, puisqu’à la manière d’un Cyprien ou d’un Squeezie il dit :  « les gens… » lorsqu’il s’adresse à son public.

Il va même plus loin encore dans son approche du numérique, avec cette fois-ci, le jeu vidéo. Certains sourient à l’évocation de ce sujet, notamment les plus anciens, pourtant leur candidat est sérieux : « le jeu vidéo est un enjeu du 21e siècle », commence-t-il en évoquant rapidement les capacités de la réalité virtuelle dans le domaine médical. Mais aussi l’outil de divertissement – et il est principalement reconnu comme tel – qu’est le jeu vidéo. Faisant un parallèle avec l’enfance et le jeu comme moyen d’apprentissage pour déclarer que « jouer ce n’est pas perdre son temps. »

D’abord avec quelques couplets de La chanson des Canuts, puis avec La Marseillaise, Jean-Luc Mélenchon conclut son meeting. Les drapeaux s’agitent, son hologramme disparaît, il quitte la scène acclamé à Lyon comme à Paris.

Après le succès de son meeting en projection holographique, c’est un Jean-Luc Mélenchon 2.0 qui se dirige vers la campagne présidentielle dans l’espoir d’une victoire qui, il l’espère, ne sera pas que virtuelle.

Khadidja Douga et Adrian Guigue

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