Présidentielle française: ma première expérience démocratique

2 primaires, 11 candidats, 2 finalistes et enfin une victoire, celle d’Emmanuel Macron. Au cours des mois écoulés, la folle course à l’Élysée a rythmé, scandalisé, préoccupé, désintéressé voir même divisé des millions de Français. Après avoir connu plusieurs campagnes étrangères notamment africaines, c’est tout un système politique et médiatique encore inédit que j’ai découvert pendant cette campagne. Chronique d’une Tchadienne et Africaine avant tout sur les présidentielles « made in France ».

Au lancement de la campagne, le 10 avril, 11 candidats étaient en lice pour la présidentielle. La diversité de ces candidats venus de tous bords politiques est l’un des premiers éléments qui m’a interpellée. Cela peut certainement sembler banal pour un Français lambda.

Dans les configurations des présidentielles africaines en général, les partis politiques d’opposition ne disposent pas d’une aussi grande visibilité. Comment convaincre quand les opportunités d’échange avec la population sont boycottées ? La grande majorité des femmes et des hommes politiques africains cherchent toujours une réponse.

En général, sauf exception de certains pays, le parti au pouvoir est présent dans le paysage politique depuis plus de deux décennies, le dirige d’une main de fer et remporte de façon plus ou moins transparente chaque nouvelle élection.

Deuxième élément, le rôle des médias tout au long de la campagne. Il est indéniable que leur place a été conséquente, allant jusqu’à faire douter de leur impartialité. De nombreux Français se sont interrogés sur le pouvoir que pouvait avoir ces médias, jugés trop présents par certains mais nécessaire par d’autres. De mon point de vue, je ne me souviens pas de mémoire avoir déjà vu de médias aussi libres, où la censure ne pèse pas sur les rédactions.

Au Tchad comme un peu partout en Afrique, la presse n’a jamais joui de ce statut de « quatrième pouvoir ». La majorité des journalistes sont frustrés de ne pas pouvoir exercer librement, et pour les plus courageux qui osent s’émanciper de la censure, c’est à leurs risques et périls.

Enfin, revenir sur cette campagne c’est aussi faire un « flash-back » sur les scandales qui ont surgi comme à chaque nouvel épisode d’une série. Sur ce point-là, rien d’exceptionnel à mes yeux. Si ce n’est que la surprise de découvrir que ce genre de casseroles sont aussi présentes chez les politiciens français. La seule différence, c’est que les Français eux ont été surpris et très nombreux a condamné ces affaires. Replaçons cela dans le contexte africain, plus rien ne choque personne. La corruption, le détournement de fonds, les emplois fictifs font depuis longtemps partie de la sphère politique.

Comment se l’expliquer ? La réponse est simple, la pauvreté ronge de plus en plus le continent, chaque homme politique se sachant sur un siège éjectable à son poste s’offre le luxe d’amasser le plus d’argent possible avant de le quitter. Ils sont nombreux à vider les caisses du pays et les principaux concernés sont des proches du président.

C’est donc pauvre d’un réel modèle démocratique, que je suis me suis intéressée à cette campagne française. Peu m’importe l’issue du scrutin, ce que je retiens c’est le processus et la transition pacifique.

J’ai également souhaité laisser la parole à quelques camarades, eux aussi étrangers afin qu’ils apportent une observation personnelle sur ces présidentielles :

Khadidja Douga

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